Lettre de la Conférence des
associations de professeurs spécialistes
à Jean-Michel Blanquer,
ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports
Monsieur
le Ministre,
Les
associations de professeurs spécialistes réunies au sein de la
Conférence constatent à quel point la disparition des épreuves
terminales, nationales et anonymes du baccalauréat est une perte
pour les élèves comme pour les professeurs.
Ces
épreuves avaient un rôle structurant pour les lycéens. Elles leur
donnaient un horizon et constituaient une excellente préparation à
leurs études supérieures. Elles garantissaient une certification
nationale du niveau atteint à l’issue de leurs études
secondaires. Elles leur permettaient, enfin, de se préparer
sereinement et progressivement aux échéances du mois de juin.
Leur
disparition désorganise l’année de terminale et impose aux
élèves, comme aux professeurs, un calendrier absurde.
Quel sens y
a-t-il, en effet, à passer des épreuves terminales au mois de mars
? Les professeurs doivent enseigner les programmes de spécialité
à marche forcée.
Les élèves doivent maîtriser, dans un temps
beaucoup trop limité pour qu’ils soient approfondis, des
programmes lourds et ambitieux.
Nous déplorons également les
conditions dans lesquelles s'effectue la préparation au grand oral.
Contrairement aux TPE, le grand oral ne dispose en effet d'aucun
moyen de préparation propre
Nous
constatons, en outre, les effets délétères du contrôle continu.
Celui-ci soumet les élèves à une pression permanente et expose les
professeurs à celle des élèves et des parents. L’obligation
faite aux élèves absents de rattraper les devoirs manqués pour que
leur moyenne soit significative désorganise le lycée et s’avère
très difficile à appliquer. Les professeurs sont dépossédés de
leurs notes puisque celles-ci sont susceptibles d’être revues à
la hausse ou à la baisse par des commissions d’harmonisation
académiques selon des critères opaques et donc arbitraires. Le
contrôle continu, enfin, met à mal le principe d’égalité entre
les candidats puisque la valeur du baccalauréat dépend désormais,
pour une large part, de la réputation de leur établissement.
La
Conférence vous demande en conséquence de rétablir les épreuves
terminales, nationales et anonymes du baccalauréat.
Nous
vous prions, Monsieur le Ministre, d’agréer l’expression de
notre considération.
Paris,
le 15 janvier 2022
Premières
associations signataires :
APEMu APBG APDEN APHG APLettres APMEP APPEP APSES
APSMS CNARELA SLNL UdPPC
Contact : conferenceassociationsspecialistes@orange.fr