dimanche 3 juillet 2022

COMMUNIQUE DE LA CONFERENCE DES ASSOCIATIONS DE PROFESSEURS SPECIALISTES : Réforme du baccalauréat : quel bilan !

 

                        Réforme du baccalauréat : un bilan calamiteux


Cette première session du baccalauréat Blanquer confirme les craintes que la Conférence des associations des professeurs spécialistes avait exprimées : le baccalauréat, comme examen national dont la valeur est garantie par l’Institution, n’existe plus. 

D’une part, le contrôle continu compromet la valeur certificative du baccalauréat. D’autre part, les consignes et barèmes fournis ont eu pour effet une surestimation des copies des candidats. Enfin, les correcteurs ont été dépossédés de leur évaluation. En effet, dans certaines académies, les notes ont été modifiées massivement, arbitrairement et de manière opaque, sans que les correcteurs en aient été avertis, au mépris du travail des candidats, de celui des professeurs et de leur expertise et au détriment de l’harmonisation collégiale qu’ils accomplissent chaque année avec leurs pairs à partir de la lecture attentive des copies. Loin d’avoir “remusclé” le baccalauréat, la réforme a dévalué le diplôme.

Les élèves ont passé leurs épreuves de spécialité au mois de mai. Cet aménagement conjoncturel rend encore plus criante l’absurdité du calendrier prévu par la réforme. Les professeurs en charge des spécialités ont tout juste eu le temps de boucler des programmes pléthoriques. Sauf à les survoler et à éreinter les élèves, il n’est pas raisonnable d’envisager, pour les années à venir, le passage des épreuves de spécialité au mois de mars. Une fois ces épreuves passées, les professeurs ont constaté, en outre, la démobilisation des élèves, 82% du baccalauréat étant déjà joués. L’épreuve du « grand oral », à la préparation de laquelle aucun horaire n’est prévu, a eu lieu, cette année encore, dans la plus grande confusion.

En conséquence, et dans l’attente d’une remise à plat de la réforme du Lycée et du baccalauréat, la Conférence des associations des professeurs spécialistes demande :

  • que les épreuves de spécialité aient lieu au mois de juin à l’issue du cycle terminal ;

  • que les candidats passent chacune de leurs épreuves de spécialité sur un même sujet et  le même jour ; 

  • pour l’épreuve de “grand oral” : que l’épreuve soit redéfinie, afin qu’elle ne se réduise pas à un exercice de rhétorique creuse mais soit évaluée sur un réel contenu disciplinaire ; qu’un horaire spécifique, défini nationalement, soit dévolu à sa préparation, pour que les élèves puissent mener, pendant l’année, un vrai travail de recherche critique ; que le calendrier de l'épreuve soit revu.  

Elle réitère sa demande constante d’un retour à des épreuvesterminales, nationales et anonymes, demande dont le bilan calamiteux de la réforme du baccalauréat conforte la légitimité.

Constatant l’état de désorganisation dans lequel les dernières réformes ont plongé les établissements, elle entend organiser des états généraux du Lycée.

Le 3 juillet 2022

                                    Associations signataires 

APBG   APDEN  APEMu  APHG  APLettres   APLV   APMEP 

APPEP  APSES   APSMS  APFLA-CPL  CNARELA   

Sauvez les lettres 

SLNL    UdPPC   UPBM

























mardi 25 janvier 2022

Lettre de la Conférence des associations de professeurs spécialistes à Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports

 

Lettre de la Conférence des associations de professeurs spécialistes 

à Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports


Monsieur le Ministre,


Les associations de professeurs spécialistes réunies au sein de la Conférence constatent à quel point la disparition des épreuves terminales, nationales et anonymes du baccalauréat est une perte pour les élèves comme pour les professeurs.

Ces épreuves avaient un rôle structurant pour les lycéens. Elles leur donnaient un horizon et constituaient une excellente préparation à leurs études supérieures. Elles garantissaient une certification nationale du niveau atteint à l’issue de leurs études secondaires. Elles leur permettaient, enfin, de se préparer sereinement et progressivement aux échéances du mois de juin.

Leur disparition désorganise l’année de terminale et impose aux élèves, comme aux professeurs, un calendrier absurde. 

Quel sens y a-t-il, en effet, à passer des épreuves terminales au mois de mars ? Les professeurs doivent enseigner les programmes de spécialité à marche forcée. 

Les élèves doivent maîtriser, dans un temps beaucoup trop limité pour qu’ils soient approfondis, des programmes lourds et ambitieux. 

Nous déplorons également les conditions dans lesquelles s'effectue la préparation au grand oral. Contrairement aux TPE, le grand oral ne dispose en effet d'aucun moyen de préparation propre

Nous constatons, en outre, les effets délétères du contrôle continu. Celui-ci soumet les élèves à une pression permanente et expose les professeurs à celle des élèves et des parents. L’obligation faite aux élèves absents de rattraper les devoirs manqués pour que leur moyenne soit significative désorganise le lycée et s’avère très difficile à appliquer. Les professeurs sont dépossédés de leurs notes puisque celles-ci sont susceptibles d’être revues à la hausse ou à la baisse par des commissions d’harmonisation académiques selon des critères opaques et donc arbitraires. Le contrôle continu, enfin, met à mal le principe d’égalité entre les candidats puisque la valeur du baccalauréat dépend désormais, pour une large part, de la réputation de leur établissement. 

La Conférence vous demande en conséquence de rétablir les épreuves terminales, nationales et anonymes du baccalauréat. 

Nous vous prions, Monsieur le Ministre, d’agréer l’expression de notre considération. 

Paris, le 15 janvier 2022


Premières associations signataires :

APEMu  APBG  APDEN APHG APLettres  APMEP APPEP APSES 

 APSMS  CNARELA   SLNL   UdPPC

Contact : conferenceassociationsspecialistes@orange.fr




mercredi 12 janvier 2022

BACCALAURÉAT : POUR UN REPORT DES ÉPREUVES DE SPÉCIALITÉ EN JUIN 

 



COMMUNIQUÉ DE LA CONFÉRENCE 

DES ASSOCIATIONS DE PROFESSEURS SPÉCIALISTES

En ce mois de janvier, les contaminations quotidiennes au Covid 19 explosent à l’école. La composition des classes et des groupes change constamment et rend l’enseignement chaotique, élèves et professeurs étant contaminés et contraints à l’isolement. Cette accélération de l’épidémie déstabilise les établissements, aggrave les ruptures d’apprentissages et pénalise les élèves les plus fragiles.

Nous appelons le ministre à prendre acte de la gravité de la situation.

Mais, au-delà de la situation sanitaire, la Conférence dénonce un problème structurel : le calendrier induit par le nouveau baccalauréat est intenable. 

Les élèves sont contraints de passer leurs épreuves de spécialité, qui compteront pour 32% de la note finale, au mois de mars. 

Compte tenu du niveau d’exigence des programmes de spécialité, ces épreuves arrivent trop tôt dans l’année. Le calendrier dégrade donc les conditions d’enseignement, d’apprentissage et d’évaluation.

Par conséquent, la Conférence des associations des professeurs spécialistes demande instamment le report des épreuves terminales de spécialité en juin pour cette session et celles qui suivront. 

Compte tenu de l’urgence de la situation, la Conférence des associations des professeurs spécialistes soutient la grève du jeudi 13 janvier 2022.


Contact : conferenceassociationsspecialistes@orange.fr


Associations signataires :

APBG APEMu APDEN APFLA-CPL APHG  APLV APMEP APPEP APSES APSMS

 CNARELA SLNL UdPPC UPBM


                   



 


         






       



   



  




dimanche 28 novembre 2021

Indignés face aux attaques contre l’École de la République !

 

Indignés face aux attaques contre l’École de la République !



Le dossier du Figaro Magazine du 12 novembre 2021 nous a frappés de stupeur. Nous sommes nombreux à être d’abord restés incrédules devant la une : elle présente une image de l’écolier obsolète et stéréotypée, un titre et un sous-titre agressifs. 

Des associations d’enseignants et des syndicats, des représentants de professionnels de l’éducation et des parents se sont émus, et même indignés, de cette publication. La forme est provocatrice, le fond, peu étayé, le propos, racoleur.

Nous nous opposons à ce discours hostile et simpliste. En tant que professeurs, nous revendiquons notre éthique professionnelle, qui va à l’encontre de l’intolérance. Nous revendiquons aussi la liberté pédagogique qui est la nôtre, et que nous exerçons dans le cadre des programmes nationaux. Sans elle, l’École ne serait pas l’École de la République, et nos élèves ne pourraient former leur esprit critique. Nous réfutons avec force le fantasme selon lequel les professeurs endoctrineraient leurs élèves. Leur mission, au contraire, est de leur transmettre les connaissances grâce auxquelles ils pourront échapper à toutes formes d’endoctrinement, qui constituent en effet un obstacle à la transmission patiente et sereine des savoirs nécessaires à la formation de l’esprit critique.  

Face à ces attaques qui visent l’École de la République et ceux qui la servent,  la Conférence des associations de professeurs spécialistes attend une réaction et un soutien fermes et officiels de son ministre de tutelle. 



Associations signataires : 

APBG  APDEN   APEMU    APHG    APLV    APMEP

APPEP  APSES   CNARELA   SLNL   UdPPC   UPBM



mercredi 5 mai 2021

COMMUNIQUE DE PRESSE SUR LE GRAND ORAL DU BACCALAUREAT

 

Communiqué de presse sur le Grand Oral du baccalauréat


La Conférence des associations de professeurs spécialistes dénonce l’absence de prise en compte de la situation sanitaire et des inégalités de préparation qu’elle a entraînées pour l’épreuve de Grand Oral. Nous restons convaincus de l’importance de l’oral dans la formation des lycéens, mais nous estimons que le maintien de cette nouvelle épreuve ne fera qu’accentuer les inégalités scolaires.

Le travail en demi-jauge, mis en place dans certains établissements, a pour conséquence un temps de préparation insuffisant pour les élèves concernés. De même, la règle sanitaire « un cas de Covid, une classe fermée », ainsi que l’isolement des élèves et professeurs détectés positifs, nécessaires sur le plan sanitaire, creuseront encore davantage les écarts de conditions de préparation à l’épreuve entre les territoires et les établissements.

Dans ces conditions, il est inenvisageable d’amener tous les élèves à maîtriser les techniques de l’oral et à acquérir l’autonomie que nécessite la préparation de l’épreuve. En effet, ces compétences sont par nature très difficiles à travailler en distanciel.

Maintenir le Grand Oral reviendrait à faire reposer 10 % du baccalauréat sur une épreuve à laquelle les élèves n’auront absolument pas été préparés. Enfin, minorer la pondération du Grand Oral dans l’ensemble des notes du baccalauréat, la ramener par exemple de 10 % à 5 %, ne changerait rien à l’inégalité des candidats devant l’examen.

En conséquence, la Conférence des associations de professeurs spécialistes réitère sa demande de suppression du Grand Oral pour la session 2021. 


  LISTE DES ASSOCIATIONS SIGNATAIRES 

APBG APDEN APEMu APHG APLV 

APMEP APPEP APSESAPSMS 

Sauvez les lettres SLNL UdPPC UPBM








samedi 20 février 2021

RECRUTER LES PROFESSEURS AU RABAIS : QUELLES PROMESSES POUR LA JEUNESSE ? TRIBUNE COLLECTIVE DES ASSOCIATIONS DES PROFESSEURS

 Après la publication d’un arrêté réformant le recrutement et la formation des professeurs de collèges et lycées, une trentaine d’associations d’enseignants [33 associations et sociétés d’enseignants, voir liste ci-dessous] demandent au gouvernement de revoir sa copie et de mettre en œuvre une « authentique concertation ».

L’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie - APHG a signé un texte de la Conférence des Associations de Spécialistes sur la réforme du CAPES. Cette tribune est également publiée sur le site du Journal du Dimanche - JDD (12 février 2021.)

Le ministère de l’Education nationale vient de publier un arrêté réformant, pour la troisième fois en une dizaine d’années, le recrutement et la formation des professeurs de collèges et lycées. S’il est bien des constats communs à tous les formateurs dans nombre de matières, c’est l’actuelle faiblesse de beaucoup de candidats dans les connaissances académiques et la perte d’attractivité des métiers d’enseignement. Cette réforme y répond-elle ? Assurément pas. Les universités et les instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (Inspe), en charge de la formation des futurs enseignants et de la préparation des concours des CAPES et CAPET, sont sommés d’improviser des maquettes applicables dès la rentrée de septembre 2021. Cette précipitation reflète un constat lourd de conséquences : celui du refus ministériel de discuter sereinement d’une réforme majeure pour l’avenir de la jeunesse et du système éducatif, donc pour la société tout entière.

Deux nouveautés sont particulièrement inquiétantes, dans les épreuves des CAPES et CAPET et dans l’organisation des deux années de master MEEF qui préparent à ce concours. Une épreuve orale à fort coefficient consistera désormais en un entretien de motivation non disciplinaire, qui aboutira sans doute à la récitation mécanique et creuse d’une leçon de morale civique, réduisant d’autant la possibilité d’évaluer les connaissances que le futur professeur devra transmettre à ses élèves, et ce dans l’ensemble des disciplines qu’il devra enseigner. Par ailleurs, dans la nouvelle organisation du master, les étudiants devront, au cours de la deuxième année, cumuler la préparation du concours, la rédaction d’un mémoire de recherche, et un stage très lourd devant plusieurs classes, alors que jusqu’à présent ce stage s’effectuait une fois le concours obtenu, laissant à l’enseignant en formation le temps et la disponibilité pour apprendre véritablement le métier. Cela offrirait au ministère de gros bataillons de stagiaires scandaleusement sous-payés – peut-être est-ce là la vraie raison, purement comptable, de cette réforme – mais mettrait devant les élèves des enseignants dont le niveau disciplinaire n’aurait pas encore été évalué, et dont la charge de travail rendrait impossible l’investissement nécessaire dans la préparation des cours et l’apprentissage du difficile métier d’enseignant. Les premières victimes en seraient les élèves et les jeunes enseignants, sacrifiés sur l’autel de la rigueur budgétaire.

Ne nous y trompons pas : ces changements, qui peuvent apparaître techniques, mineront en profondeur la qualité de l’enseignement qui sera offert aux futures générations. Les professeurs n’exercent pas un métier comme les autres : ils forment les adultes et les citoyens de demain. Ils sont porteurs d’un savoir qu’ils transmettent à leurs élèves, souvent avec passion, et ce savoir doit plus que jamais être défendu comme une valeur centrale de l’enseignement, à l’heure où il est menacé de toutes parts par des « vérités alternatives » portées par des groupes et des individus prêts à les imposer par la violence et même le crime. Ce savoir ne s’oppose pas à l’apprentissage de la didactique, mais est au contraire le socle indispensable d’une pédagogie solide qui permet au professeur de transmettre les connaissances et de former à l’esprit critique les futurs citoyens. Affaiblir le premier au prétexte de renforcer le second, au nom d’une professionnalisation mal pensée, prétexte depuis si longtemps à tous les mauvais coups portés à la formation des enseignants, est une absurdité qui ne conduira qu’à affaiblir cet équilibre nécessaire.

Quels professeurs voulons-nous pour les générations de demain ? Des techniciens de l’enseignement, formés et évalués suivant un système de compétences transdisciplinaires qui tendent à se substituer aux contenus et méthodes de nos disciplines, immédiatement employables et à qui l’on demandera simplement de restituer un savoir officiel, dûment contrôlé ? Ou des professeurs maîtrisant pleinement leurs savoirs et capables à partir de là de construire une pédagogie adaptée à leurs élèves ? En amputant drastiquement la part de contrôle des connaissances dans les épreuves du CAPES et du CAPET, en réduisant la formation disciplinaire des futurs enseignants, en sacrifiant leur année de stage pour faire des économies budgétaires, le ministère a fait un choix lourd de conséquences, qui n’a pas fait l’objet d’un débat public contradictoire. L’enjeu est aussi celui de l’attractivité du métier d’enseignant pour les étudiants, du rôle de l’Université dans la formation des maîtres et celui de la revalorisation symbolique et matérielle des professeurs. Recruter au rabais, qu’est-ce promettre à la jeunesse ?

C’est pourquoi nous demandons que cette réforme mal préparée soit reportée et qu’une nouvelle version des arrêtés soit précédée d’une authentique concertation avec tous les acteurs du secteur éducatif, et non imposée à la va-vite dans le contexte de crise sanitaire actuel.

Signataires :

1. Association des Formateurs des Professeurs de SVT (AFPSVT)
2. Association Française d’Etudes Américaines
3. Association française de sociologie (AFS)
4. Association des germanistes de l’enseignement supérieur (AGES)
5. Association des historiens contemporanéistes de l’enseignement supérieur et de la recherche (AHCESR)
6. Association des historiens modernistes des universités françaises (AHMUF)
7. Association des Professeurs d’Archéologie et d’Histoire de l’art des Universités (APAHAU)
8. Association des professeurs de biologie et de géologie (APBG)
9. Association des professeurs d’éducation musicale (APEMU)
10. Association des professeurs d’histoire et de géographie (APHG)
11. Association des Professeurs de Langues Anciennes de l’Enseignement Supérieur (APLAES)
12. Association des professeurs de langues vivantes (APLV)
13. Association des professeurs de lettres (APL)
14. Association des professeurs de mathématiques de l’Enseignement public (APMEP)
15. Association des professeurs de philosophie de l’Enseignement public (APPEP)
16. Association des professeurs de sciences économiques et sociales (APSES)
17. Association des professeurs de sciences médico-sociales (APSMS)
18. Comité National Français de Géographie (CNFG)
19. Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes (CNARELA)
20. Sauver les Lettres
21. Société des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur (SAES)
22. Société d’études anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles
23. Société française d’études irlandaises (SOFEIR)
24. Société Française des Microscopies (SfM)
25. Société française de philosophie
26. Société Française de Physique (SFP)
27. Société Française de Statistique (SFdS)
28. Société des historiens médiévistes de l’enseignement supérieur public (SHMESP)
29. Société des langues néolatines (SLNL)
30. Société Mathématique de France
31. Société des professeurs d’histoire ancienne de l’université (SoPHAU)
32. Union des professeurs de Physiologie, Biochimie et Microbiologie (UPBM)
33. Union des professeurs de physique chimie (UdPPC)

La réforme du lycée et du baccalauréat, imposée par le ministère contre l’avis des professeurs, nuit à la qualité du travail des élèves de Première et de Terminale.

 La préparation des «  épreuves communes  », les épreuves anticipées de français, l’épreuve de spécialité abandonnée en fin de Première, les épreuves de spécialité conservées en Terminale, l’épreuve de philosophie, le Grand oral — qui ne bénéficie d’aucun moyen ni horaire spécifiques — l’élaboration par les élèves de leur projet d’orientation, le choix des vœux qu’ils formulent sur Parcoursup : le calendrier imposé par la réforme institutionnalise le désordre. Il exerce sur les élèves une pression qui les empêche de travailler sereinement. Il rend impossible la maîtrise de nouveaux programmes trop volumineux, et conçus sans tenir compte des conditions réelles d’apprentissage.


Cette désorganisation affecte aussi le travail des professeurs et des personnels. Elle exige de leur part une dépense d’énergie disproportionnée, qui les détourne de leurs tâches essentielles.


Contrairement à ce qu’affirme le ministre Jean-Michel Blanquer, la réforme n’a pas pour effet de simplifier le baccalauréat, mais elle rend son organisation absurdement complexe. Elle affecte la qualité des apprentissages, fragilise les élèves en les privant des repères que leur donne le groupe-classe, et compromet ainsi leur réussite dans le Supérieur.


La crise sanitaire aggrave les méfaits de la réforme.


À cause du confinement, les élèves n’ont pu bénéficier en 2019-2020 d’une année scolaire normale. Rien de concrètement réalisable n’a été mis en place à la rentrée pour remédier à leurs lacunes.


Pour répondre aux contraintes d’une nouvelle année très incertaine, pendant laquelle élèves et professeurs vont travailler sous la menace permanente de la pandémie, les mesures proposées par le ministère sont insuffisantes et inadéquates. D’une part, en supprimant les épreuves communes, on étend le contrôle continu, ce qui accroît encore la pression que la réforme fait déjà peser sur les élèves, et affaiblit encore davantage la valeur nationale du baccalauréat. D’autre part, le travail «  hybride » instauré par certains établissements, certes nécessaire pour garantir la sécurité sanitaire, aggrave les inégalités entre les élèves et les établissements, compromet la continuité pédagogique et donc la préparation à l’examen.


Le ministère a refusé toute demande d’aménagement des programmes quand il en était encore temps. Il convient maintenant d’aménager les épreuves et le calendrier.
 
Nous demandons donc pour cette année :
- le report à juin des épreuves de spécialité, pour laisser aux élèves le temps d’y être effectivement préparés ;
- la suppression de l’épreuve du Grand oral  ;
- un aménagement de toutes les épreuves du baccalauréat  ;
- une limitation des contenus des programmes attendus pour les épreuves.
 
Pour les années à venir, nous demandons une remise à plat de la réforme. Au minimum, le calendrier aberrant imposé par la réforme doit être réaménagé, et une réflexion approfondie doit être conduite sur les programmes, sur la définition du Grand oral et sur les moyens alloués à sa préparation.
 

Associations et organisations signataires

Membres de la Conférence des associations de professeurs spécialistes:

APBG (Association des professeurs de biologie et géologie)
APEMu (Association des professeurs d’éducation musicale)
APHG (Association des professeurs d’histoire-géographie)
APMEP (Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public)
APPEP (Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public)
APSES (Association des professeurs de sciences économiques et sociales)
APSMS (Association des professeurs de sciences médico-sociales)
APVL (Association des professeurs de langue vivante)
CNARELA (Coordination nationale des associations régionales des enseignants de langues anciennes)
Sauvez les lettres
SLNL (Société des langues néo-latines)
UdPPC (Union des professeurs de physique-chimie)
UPBM (Union des professeurs de physiologie, biochimie et microbiologie)
 

Autres associations: 

- FACE-PUBLIC(s), Association nationale des professeurs et partenaires artistiques du théâtre au lycée

Organisations syndicales:

- CGT Éduc’action
- FIDL
- SNALC
- SNES-FSU
- MNL
- SUD Éducation
- UNL


Qu'est-ce que la Conférence ?

  Qui sommes-nous ? La Conférence des Présidents d’Associations de Professeurs Spécialistes est une structure qui, depuis 1973 intervient ré...